alice marsal

D’où vient l’envie de produire des films documentaires, cette forme de cinéma reliée à l’expérience d’un temps, d’une pensée, d’une certaine réalité ?

Au commencement, il y a d’abord le plaisir de voir un film, de découvrir et de partager, et parfois d’être transformée par cette expérience.

Il y a ensuite un goût pour la collection, une collection qui ressemblerait plutôt à un cabinet de curiosité. Accompagner la naissance d’une œuvre que j’aimerais voir exister, laquelle s’ajouterait à ce qui compose l’ordre de mon musée imaginaire, avec pêle-mêle aussi les livres, les chansons, les tableaux que j’aime, lesquels -par sédimentation et au fil des années – deviennent les familiers d’un bestiaire hétéroclite : Le déjeuner sur l’herbe (celui de Nougaro), Les choses (celles de Perec), la nuit étoilée à Arles (celle de Van Gogh), les araignées (celles de Louise Bourgeois), les axolotls (ceux de Cortazar).

Dans cette collection, il y a certains films qui surgissent de ma mémoire, pour un temps occuper mon esprit. C’est la lumière qu’ils contiennent qui m’attache. Elle m’attire, et toujours, j’y reviens, vers cette lumière si particulière du cinéma. En ce moment, je pense souvent au film Milstones de Robert Kramer, à la mélancolie de ce film, au phrasé suspendu des personnes jadis filmées.

Et puis, dans l’envie de produire un film, il y a également l’énergie d’une aventure collective : travailler avec une réalisatrice – un réalisateur, des productrices et producteurs, des équipes… faire en sorte que quelque chose se passe et se partage.

Former un ensemble, le temps d’une aventure, circulaire, qui se propage ensuite en cercles concentriques.

Alice Marsal

a.marsal@lesfilmsdelapepiniere.fr

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